Soft skills, les compétences de demain à développer aujourd’hui

Retour à Blog

Soft skills, les compétences de demain à développer aujourd’hui

Les générations qui occuperont le marché de travail en 2025 sont déjà sur les bancs des universités et des écoles supérieures. Elles auront à s’intégrer dans un marché de travail complètement différent de celui de leurs ainés et en pleine phase de transition. Un marché qui a certainement besoin de compétences techniques, mais aussi et surtout de compétences comportementales.

«La numérisation des environnements professionnels entraîne aujourd’hui l’inadéquation des compétences des salariés avec les nouveaux besoins des employeurs», avait noté le Forum économique mondial dans un rapport sur «Le Futur du travail».

Cette étude réalisée par le WEF (World Economic Forum) visait à déterminer les compétences nécessaires pour affronter le marché de l’emploi en 2020, c’est-à-dire de demain. Les résultats de cette étude démontrent que les compétences techniques ne sont plus autant exigées que les compétences managériales et comportementales.

Le WEF dégage ainsi 10 compétences clés incontournables en 2020 : Résolution de problèmes complexes ; Pensée critique ; Créativité ; People management ; Coordination avec les autres ; Intelligence émotionnelle ; Capacité de jugement et prise de décision ; Orientation Service ; Négociation et Flexibilité cognitive.

À cette étude s’ajoutent de nombreuses analyses et enquêtes réalisées auprès des entreprises innovantes pour déterminer les changements qui s’opèrent déjà au niveau des compétences demandées. Toutes ces études convergent vers un seul constat : les soft skills seront les compétences les plus recherchées et valorisées dans les profils des collaborateurs.

Au Maroc, la situation est pratiquement la même. Les entreprises passent par une phase de changements amplifiée par une révolution digitale et une métamorphose au niveau des relations humaines. «Les Soft skills sont transversaux. Le bon sens, l’empathie et la capacité à collaborer et à négocier sont des qualités humaines importantes.

On peut y ajouter le fait de savoir apprécier et appréhender une situation au moment où elle se déroule pour décider d’une réponse qui apporte les meilleurs résultats à toutes les personnes impliquées», explique Ismaïl Belabbess, consultant associé MCBI Conseil. Pour sa part, Hassan Charraf, Past président du Centre des jeunes dirigeants (CJD), note que les Soft Skills sont une qualité généralement associée au domaine de l’intelligence émotionnelle.

Autrement dit, il s’agit d’une aptitude personnelle démontrant un haut degré d’intelligence émotionnelle. En effet, par opposition aux compétences techniques ou académiques (Hard Skills), les Soft Skills représentent les qualités humaines et relationnelles. «Ces compétences de savoir-être, plus difficiles à identifier et à évaluer, sont un véritable levier de performance».

Sur l’ensemble des compétences listées par le WEF par exemple, toutes les aptitudes sont des Soft Skills, à l’exception de la résolution des problèmes complexes et le management du capital humain.

Avoir un esprit critique ou encore implémenter sa créativité deviennent un pilier de compétences. Il s’agit de compétences moins quantifiables qui font appel davantage à l’intelligence relationnelle et au quotient émotionnel. Perçue comme une richesse, cette compétence nous permet de développer une agilité comportementale à développer avec le temps par un apprentissage sur soi qu’il est essentiel de développer et de perfectionner.

De la théorie à la pratique

Les changements sont donc là, tous les chefs d’entreprises, les professionnels du secteur de l’enseignement et de formation, les voient venir, mais peu les anticipent vraiment. En effet, selon une étude publiée en mars 2017 par le département de la formation professionnelle, intitulé «Benchmark sur les compétences clés», le développement des compétences personnelles et des compétences souples n’est pas très bien établi dans les programmes pédagogiques du système éducatif public marocain.

Selon cette étude, l’offre des compétences soft «fait rarement l’objet d’objectifs d’apprentissage voire de modules spécifiques clairement inscrits dans les programmes. Se posent alors le problème du caractère obligatoire d’inscrire ces soft skills dans le processus de formation, de leur qualité et leur niveau d’appropriation par les apprenants ainsi que les conditions de leurs acquisitions (méthodes, stratégies, proportion des élèves par classe, niveau de maîtrise de l’enseignant, etc.).

Le rapport relève, par ailleurs, que certaines institutions, comme les Écoles de commerce ou les Écoles d’ingénieurs (ENAG, ENSA, etc.), se distinguent par leur ouverture aux Soft Skills suivant ainsi les préoccupations européennes (françaises notamment) quant aux besoins d’enrichissement des profils professionnels. Leurs approches pédagogiques s’appuient de plus en plus sur de nouvelles pratiques de formation et de coaching pour les étudiants afin de les aider à améliorer leurs compétences personnelles et à les préparer au monde du travail.

Les Soft Skills sont des qualités à développer tout au long du parcours de formation et à parfaire lors de l’exercice pratique au sein des entreprises et des institutions. Il devient donc urgent d’intégrer ces compétences dans les programmes d’éducation et de formation pour avoir au final des profils qui ont un savoir-faire mais également un savoir-être.

Source : Le Matin

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour à Blog